Jean-Marie LE PEN en déplacement dans le Vaucluse
15 novembre 2006 par admin
Conférence de presse du 15 novembre 2006
Mesdames et messieurs,
Permettez-moi tout dabord de vous remercier de vous être déplacés pour couvrir lévènement du jour, le lancement de notre caravane viticole conduite Jean-Claude Martinez, Agrégé des Universités, député européen et notre spécialiste des questions agricoles, qui fut jadis, peut-être lignorez-vous, conseiller de sa Majesté le Roi Hassan II du Maroc.
Cest dailleurs en écho à ses fonctions illustres que Jean-Claude a proposé de baptiser du nom de ” marche verte ” la tournée qui, partant des côtes du Ventoux, sillonnera pendant une quinzaine de jour les vignobles du Sud-ouest et de lOuest.
Composée de politiques, de militants et de professionnels du vin, notre caravane ira à la rencontre dune profession, la viticulture, qui fut lun des fleurons de lagriculture française, mais qui, hélas, est désormais la victime des erreurs commises par les politiciens français de gauche et de droite depuis 40 ans.
Nous aurons dailleurs loccasion dévoquer ces problèmes tout à lheure, à loccasion dune table ronde avec les viticulteurs de la coopérative de Richerenches.
Nous leur expliquerons ce que nous observons, depuis des années.
Depuis 1962, mais surtout depuis 1986 et le début des négociations commerciales planétaires dites de lUruguay round, la Commission de Bruxelles, avec la complicité de la classe politique hexagonale, a engagé sciemment les paysans de France et dEurope dans une guerre agricole contre les Etats-Unis et leurs alliés.
Dans cette guerre, oà ¹ nous nétions pas si mal placés, nous avons perdu toutes les batailles menées jusquà présent.
Cest quand même curieux, et lon peut se demander si létat-major de notre armée, constitué des politiciens Français et européens, joue vraiment pour la victoire de notre camp.
I - Après celui du lait, celui du poulet et du sucre, le Verdun de la viticulture française a en effet commencé, sous limpulsion de lEurope elle-même.
Depuis quelques années, à rebours de nos savoirs faire traditionnels, Bruxelles a décidé de faire accepter à la France les pratiques Å“nologiques de lindustrie viticole anglo-saxonne, cest-à -dire ladjonction au jus de raisin deau, de copeaux et daromates.
Le résultat est en que, peu à peu, le vin nest plus issu de la fermentation de raisins frais, mais de manipulations chimiques.
On nous explique que le tonneau de chêne, cest daté.
Quil faut des copeaux.
Que le vin doit être fruité et aromatisé.
Quil ne faut plus de bouchon de liège mais une capsule à vis, pour faire disparaître le goût bouchonné.
Bientôt, on nous dira quil est tout-à -fait normal dajouter de la vanilline, puis des arômes bois brûlés et ensuite des arômes fruits.
Enfin, on fera du vin avec des nez de la parfumerie, et qui sait, nous aurons peut-être un jour un ” Vin n°5 ” de Chanel ?
Cette destruction programmée dun savoir-faire traditionnel est en cours, mesdames et messieurs, parce que Bruxelles, loin de protéger notre outil de production et nos traditions, développe et diffuse le discours de lOrganisation Mondiale du Commerce sur la ” modernité Å“nologique “.
Le discours sur la modernité Å“nologique, cest faire pour le vin ce que lEurope a fait pour le chocolat, cest-à -dire remplacer le cacao par du beurre de karité, voire de soja.
De fait, la Commission européenne suggère de faire du vin avec des moûts importés, des infusions de copeaux et des mélanges de diverses matières.
On suggère également aux viticulteurs que le packaging dalu, type boîte de Coca, voire le packaging de carton, comme un ” berlingot de merlot “, est supérieur à la bouteille !
Les choses sont claires. LEurope exécute les choix de lOrganisation Mondiale du Commerce.
Mais lOMC, elle, exécute les ordres qui viennent des Etats-Unis.
En effet, lAmérique a déclaré la guerre à nos Appellations dOrigine Contrôlées.
Les Appellations dOrigine Contrôlées et les Identifications Géographiques Protégées sont en effet un obstacle à la production standardisée, génératrice de juteuses économies déchelle.
Par opposition, les marques sont plus profitables : on acquiert une marque, et on peut vendre à nimporte quel prix nimporte quelle piquette, au détriment de la qualité, du savoir-faire et des traditions dexcellence de la viticulture depuis des siècles.
Cette guerre entre les terroirs et les marques, nous sommes en train de la perdre, comme nous sommes en train de perdre la bataille pour la production.
Depuis vingt ans, les plans viticoles de la Commission utilisent toujours les mêmes outils : arrachages, limitation des plantations, des distillations ou des vendanges, couplées à quelques aides à la commercialisation.
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Cette année, Bruxelles semble vouloir accélérer le pas : en juin dernier, Mariann Fischer Boel, commissaire européenne à lagriculture, a déclaré son objectif darracher 400 000 hectares de vignes en cinq ans, de réduire encore la production et de diminuer massivement le nombre des exploitants, au prétexte farfelu dune surproduction viticole européenne chronique.
Mais il ny a dexcédent européen quen raison des importations massives de vin du nouveau monde.
Bien sûr, on achètera les Indiens viticoles réticents, grâce à une enveloppe de 7 000 € par hectare arraché.
On poussera les vignerons à quitter leurs vignes par des aides fortement incitatives à la préretraite (18 000 € par an).
Mais pourquoi lEurope accepte-t-elle de faire disparaître, en silence, une profession, une tradition, un art de vivre ?
II- Je voudrais vous exposer ce que je crois être les vrais raisons du sacrifice viticole.
Dans la guerre agricole contemporaine, la Commission européenne a passé, depuis 1986, lors dun sommet commercial mondial du GATT, connu sous le nom dUruguay round, un accord stratégique avec les Etats-Unis et les 17 pays agricoles du Pacifique sud.
Les clauses de cet accord sont simples : aux pays du Nord le monopole des exportations de services et de technologie, aux pays du Tiers-Monde, lalimentation mondiale, solide ou liquide.
A la vérité, la viticulture française est donc sacrifié parce quelle nest quun élément du ” deal ” mondial en cours.
Cet accord, cest un marché de dupes, car il ya 20 ans, les négociateurs européens nont pas vu que les perspectives en matière agro-alimentaire étaient juteuses.
En effet, qui, de lEurope, du Brésil, des Etats agricoles du Pacifique, nourrira en 2020 la Chine, lInde et lIndonésie ?
Voilà lenjeu de cet affrontement agricole géant.
Voilà , au fond, la raison pour laquelle les caves sont pleines et les vignes sarrachent : dans le cadre de la division planétaire des profits, pour les idéologues libre-échangistes de Bruxelles, nos vignobles et nos vergers doivent être délocalisés dans le tiers-monde, au détriment de nos producteurs.
En même temps, au fur et à mesure que les terres agricoles diminuent, dans le Languedoc dabord, et ailleurs ensuite, lespace peut être utilisé pour autre chose, dautant quune demande anglaise, néerlandaise, nordique, existe pour acquérir le foncier du Périgord à lAquitaine.
En effet, depuis 15 ans, lEurope du nord migre au soleil.
La côte méditerranéenne étant bétonnée de Gênes à Valence en Espagne, si lon renonçait complètement à la viticulture sur 3 milliards de m² en Languedoc, on pourrait construire au minimum 3 millions de villas, à 200 000 euros ou 300 000 la villa.
Les migrations vers le sud représentent ainsi un chiffre daffaires compris entre 600 milliards et 900 milliards deuros, qui doit allécher bien des intérêts économiques.
Or les intérêts économiques, ils savent se manifester, à Bruxelles, auprès des décideurs politiques.
Nous autres députés européens, les voyons à lÅ“uvre, tous les jours, auprès du Parlement Européen, de la Commission Européenne, des hauts fonctionnaires européens.
III- Une chose est claire, mesdames et messieurs.
Les préoccupations de tel ou tel groupement dintérêt commercial ne sont pas celles du candidat de la famille nationale.
Ce qui me préoccupe, moi, cest de préserver lagriculture française, dont la viticulture est un des fleurons.
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En effet, il y a là un enjeu considérable, en terme demplois et dactivité économique mais aussi en terme didentité, au travers de la défense de nos savoirs faire et de nos traditions productives.
Pour sauver la viticulture française, il faut prendre dès 2007 quelques mesures fondamentales.
Il faut créer un Conservatoire du vignoble, qui appuiera notamment linstallation des jeunes vignerons et qui aura en charge le service de la dette vigneronne, avec les amortissements en cours, jusquà rétablissement de la situation économique des exploitations aujourdhui sinistrées.
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Il faut également se doter dun Fond dintervention pour le Vignoble, qui dans le cadre dune grande politique de solidarité rurale, définira le périmètre de Zones Franches Viticoles et programmera les équipements urgents de cohésion sociale (haltes-garderies, services publics et services dassistance à la personne).
En effret, préserver le peuplement de nos campagnes, cest garantir léquilibre territorial de notre pays.
Il faut ouvrir le marché de lEurope du nord, aujourdhui scandaleusement protégé par des entraves administratives et fiscales.
En Scandinavie, les accises, très élevées, renchérissent considérablement le prix du vin.
De plus, pour protéger leur marché, la Suède et la Finlande maintiennent un curieux monopole dEtat pour limportation de 90 % des vins consommés. Seuls 10 % des vins consommés sont libres dans les circuits de restauration. Ces barrières administratives doivent être éliminées.
La France doit mettre ce dossier sur la table du Conseil des ministres européens, oà ¹ nous devons, enfin, apprendre à défendre nos intérêts jusquau bout !
Il est indispensable de stopper la dérive dans la définition du vin, en défendant la loi du 1er août 1905, qui définit le vin comme un ” produit alimentaire issu dune fermentation exclusive du raisin ou du jus de raisin frais “.
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La défense de la fabrication traditionnelle implique aussi de créer un registre multilatéral des identifications géographiques viticoles afin déviter que les marques soient détachées des terroirs et des conditions de productions.
Jentends également, si je suis élu, protéger nos marchés, y compris le marché du vin, en instituant des droits de douane déductibles sous la forme dun crédit douanier offert à lexportateur, à utiliser pour des achats dans le pays importateur.
Il faut en effet répartir équitablement les sacrifices viticoles à léchelle planétaire, afin que les vignerons français ne soient plus les seuls à arracher, quand ceux dAustralie, du Chili, dAfrique du Sud et de Californie ont planté 230 000 hectares en dix ans.
Viticulteurs, défendez-vous !
Aidez-moi à vous défendre !
Votre disparition nest pas une fatalité, pas plus que la disparition de lidentité et de la prospérité française.
Unissons nos efforts, pour construire lavenir de nos enfants, dans le respect des valeurs et la continuité des traditions de nos anciens.
Je vous remercie
Commentaires
2 commentaires pour “Jean-Marie LE PEN en déplacement dans le Vaucluse”



































de la part d’un RMiste et des chomeurs et des exclus de la société!! que comptez vous faire pour nous??
Luogo molto buon:) Buona fortuna!